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L’Équateur se prépare à voter sa réforme constitutionnelle la plus décisive

L’Équateur se prépare à voter sa réforme constitutionnelle la plus décisive

Le président équatorien, Daniel Noboa, fait face à son propre plébiscite et cherche à modifier cinq points de la Constitution pour lutter contre l’insécurité, l’un des principaux problèmes du pays. Champion de la lutte contre les bandes criminelles, il souhaite, entre autres, la participation des Forces armées en soutien à la Police contre le crime organisé.

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Le 21 avril, l’Équateur décidera s’il veut suivre la voie tracée par Daniel Noboa et votera lors d’un référendum pour réformer cinq points clés de la Constitution. Parmi les questions qui seront votées figurent la participation des forces armées en soutien à la police contre le crime organisé, en permettant l’extradition des Équatoriens, en établissant des cours constitutionnelles, en reconnaissant les arbitrages internationaux et en rendant le marché du travail plus flexible avec des contrats temporaires et horaires.

Noboa, qui défend la lutte contre les gangs du crime organisé, a pris le pouvoir en novembre 2023 et a déclaré en janvier l’état d’urgence après qu’une spirale de violence ait éclaté dans les prisons. Ce scénario a conduit au décret de « conflit armé interne », qui a commencé à considérer 22 bandes criminelles qualifiées de « terroristes » et a permis la participation des forces armées aux opérations contre ces mafias.

C’est pour cette raison que les Équatoriens voteront également s’ils veulent réformer le code pénal pour augmenter les sanctions pour les crimes terroristes et son financement, le trafic de drogue, le crime organisé, le meurtre ou la traite des êtres humains, entre autres.

Aussi demandera aux citoyens s’ils souhaitent supprimer les allocations pénitentiaires aux personnes reconnues coupables de délits de financement du terrorisme, de recrutement d’enfants et d’adolescents à des fins criminelles, d’enlèvement contre rançon, de trafic de drogue, d’exploitation minière illégale, de possession illégale d’armes, d’extorsion, de trafic d’influence et de façade, entre autres délits.

Insécurité accrue

Alors que l’état d’urgence – prolongé le 8 mars pour 30 jours – visant à lutter contre les bandes criminelles perdure, des civils continuent de mourir. Il y a une semaine, le plus jeune maire du pays, Brigitte García27 ans, et son chef des communications ont été retrouvés morts des suites de blessures par balle, selon la police équatorienne.

Cette semaine, des hommes armés ont attaqué un groupe de personnes dans la ville de Guayaquil, tuant neuf personnes et en blessant dix autres, selon la police. Le même organisme affirme que le groupe armé a attaqué plusieurs personnes qui pratiquaient du sport.

Le cercueil d'une des victimes d'une fusillade dans une coopérative de Guayaquil, en Équateur, chargé dans un véhicule du Laboratoire de criminalistique et de médecine légale le 31 mars 2024
Le cercueil d’une des victimes d’une fusillade dans une coopérative de Guayaquil, en Équateur, chargé dans un véhicule du Laboratoire de criminalistique et de médecine légale le 31 mars 2024 © Gerardo Menoscal / AFP

Alors que les meurtres s’accumulent jusqu’à présent en 2024, le nombre de Les années 2023 sont décourageantes : jusqu’à 7 994 décès violent, selon la police. Le même gouvernement affirme également que ce nombre a augmenté de près des deux tiers par rapport à l’année précédente.

Si le gouvernement attribue cette situation à l’influence croissante des gangs de trafiquants de cocaïne, qui ont déstabilisé de vastes pans de l’Amérique du Sud, il souligne également la détérioration économique post-pandémique qui affecte l’ensemble de la région.

Avec EFE, AP et Reuters