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plus de 15 000 personnes déplacées ; le premier ministre réapparaît à Porto Rico

plus de 15 000 personnes déplacées ; le premier ministre réapparaît à Porto Rico

Les violences en Haïti ont provoqué le déplacement de 15 000 personnes ces derniers jours, a déclaré ce mardi 5 mars le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric. Parallèlement à cette information, il a été confirmé que le Premier ministre haïtien, Ariel Henry, a atterri à Porto Rico, après plusieurs jours d’incertitude quant à sa localisation, après un voyage au Kenya au cours duquel la crise de violence en Haïti s’est aggravée.

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Le Premier ministre d’Haïti, Ariel Henry, se trouve à San Juan (Porto Rico), après plusieurs jours sans savoir où il se trouve.

Les dernières informations dont nous disposons sur Henry sont que samedi dernier, il a quitté le Kenya, où il s’est rendu pour discuter de l’envoi de la mission multinationale de soutien à la sécurité qu’attend Haïti.

La porte-parole de Fortaleza, siège de l’exécutif portoricain, Sheila Angleró, a expliqué qu’Henry a atterri ce mardi à l’aéroport international Luis Muñoz Marín, mais n’a pas donné plus de détails.

Selon la chaîne de télévision dominicaine CDN, qui cite une source « tout à fait crédible », Henry aurait quitté l’aéroport de Teterboro, dans le New Jersey (États-Unis), à destination de la République dominicaine, mais après le survol de l’avion, il n’aurait pas été autorisé à entrer. l’espace aérien ou atterrir dans n’importe quel aéroport du pays.



Sa réapparition intervient au milieu d’une nouvelle vague de violences en Haïti, qui a provoqué le déplacement de 15 000 personnes ces derniers jours, selon le porte-parole de l’ONU.

Depuis jeudi dernier, les gangs ont multiplié leurs actions dans la capitale, Port-au-Prince. Jimmy Cherizier, alias « Barbecue », le chef d’une coalition de groupes armés appelée « Vivre ensemble », a affirmé que ses attaques visaient à renverser le Premier ministre par intérim Ariel Henry.

« La bataille durera aussi longtemps qu’il le faudra. Nous continuerons à combattre Ariel Henry. Pour éviter les dommages collatéraux, gardez les enfants à la maison », a-t-il déclaré vendredi lors d’une conférence de presse. Cherizier est un ancien policier et a été sanctionné à la fois par les Nations Unies et par le Département du Trésor des États-Unis.

Ariel Henry a été nommé, lundi 5 juillet 2021, premier ministre par Jovenel Moïse, le président d’Haïti. Deux jours plus tard, ce dernier était assassiné à son domicile. Depuis, Henry, dont l’autorité a été reconnue par les puissances étrangères comme le Canada, les États-Unis, la France et d’autres pays occidentaux, est resté au pouvoir, malgré la méfiance de la population et l’appel à des élections démocratiques de la part de la société civile haïtienne.

Le 7 février dernier a marqué la fin du mandat d’Henry, mais le président a ignoré la demande de cession du pouvoir et promet une transition qui ne se concrétise pas, ce qui a alimenté la colère des citoyens.

Dimanche soir, le gouvernement a déclaré l’état d’urgence et le couvre-feu dans le département d’Oeste, auquel appartient la capitale, après l’attaque de deux prisons par des gangs.

L’assaut des groupes criminels contre la prison de Port-au-Prince, samedi soir, a permis l’évasion de 3.597 détenus, soit 97% des détenus, selon le Collectif des Avocats Caddho. Parmi le petit groupe qui a décidé de ne pas s’évader figurent les Colombiens accusés d’avoir participé à l’assassinat du président Jovenel Moïse, en 2021. Au moins quinze prisonniers évadés ont été assassinés et leurs corps ont été retrouvés dans divers quartiers de la capitale du pays.

Face à cette situation, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a de nouveau demandé ce mardi aux pays membres « action urgente » pour déployer une force de police internationale dans ce pays des Caraïbes en raison de la détérioration rapide de la sécurité, aggravée depuis le week-end dernier, lorsque le gouvernement haïtien a décrété un couvre-feu et l’état d’urgence dans l’ouest du pays.

Guterres – selon son porte-parole – a déclaré que le plus urgent est de fournir le financement nécessaire à la mission, à laquelle plusieurs pays africains (Bénin et Tchad) et caribéens (Bahamas, Jamaïque et Antigua-et-Barbuda) ont manifesté leur volonté de contribuer. contribuer à une force qui sera commandée par le Kenya lorsque les fonds nécessaires seront réunis.

Des personnes vivant à proximité du Pénitencier national transportent leurs affaires alors qu'elles quittent la zone de Port-au-Prince, en Haïti, le 4 mars 2024.
Des personnes vivant à proximité du Pénitencier national transportent leurs affaires alors qu’elles quittent la zone de Port-au-Prince, en Haïti, le 4 mars 2024. © AFP – Clarence Siffroy

Le Conseil de sécurité de l’ONU a prévu mercredi une séance extraordinaire à huis clos pour discuter du cas d’Haïti, dans laquelle la représentante spéciale pour Haïti, María Isabel Salvador, interviendra à distance.

La situation en Haïti a dégénéré au point que 5,5 millions de personnes – la moitié de sa population – ont besoin d’une aide humanitaire, a rappelé le porte-parole, mais la vérité est que l’ONU n’a pu réunir que 2,5% des fonds. aide d’urgence demandée pour le pays, soit 17 millions.

Avec EFE et Reuters