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les gangs s’engagent à renverser le Premier ministre par intérim

les gangs s’engagent à renverser le Premier ministre par intérim

Une nouvelle vague de violence secoue Haïti. Les gangs ont intensifié leurs actions à Port-au-Prince depuis jeudi. Menés par Jimmy Cherizier, alias « Barbecue », ces gangs prétendent vouloir renverser le premier ministre par intérim Ariel Henry. La situation a suscité des protestations de la part des syndicats de police et les hôpitaux sont confrontés à une augmentation des arrivées de blessés.

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Une nouvelle vague de violence frappe Haïti. Depuis jeudi, les gangs ont multiplié leurs actions dans la capitale, Port-au-Prince. Jimmy Cherizier, alias « Barbecue », le chef d’une coalition de groupes armés appelée « Vivre ensemble », a affirmé que ses attaques visaient à renverser le Premier ministre par intérim Ariel Henry.

« La bataille durera aussi longtemps qu’il le faudra. Nous continuerons à combattre Ariel Henry. Pour éviter les dommages collatéraux, gardez les enfants à la maison », a-t-il déclaré vendredi lors d’une conférence de presse. Cherizier est un ancien policier et a été sanctionné à la fois par les Nations Unies et par le Département du Trésor des États-Unis.

En outre, il a assuré que ses actions visaient à « libérer le pays ». « Nous n’affrontons pas la Police Nationale dans cette bataille. En fait, 95%, voire 100%, des membres de la Police appartiennent aux mêmes couches sociales que nous », a déclaré Barbecue. Et il a ajouté : « Nos véritables ennemis sont le Gouvernement, les ministres, les directeurs généraux (…), les gens qui ont la responsabilité d’assurer la sécurité et qui ne le font pas ».

Photo d'archive.  Un homme au visage couvert appelle les manifestants à s'arrêter lors d'une manifestation contre le gouvernement du Premier ministre Ariel Henry et l'insécurité à Port-au-Prince, en Haïti, le 1er mars 2024.
Photo d’archive. Un homme au visage couvert appelle les manifestants à s’arrêter lors d’une manifestation contre le gouvernement du Premier ministre Ariel Henry et l’insécurité à Port-au-Prince, en Haïti, le 1er mars 2024. © Ralph Tedy Erol / Reuters

Le panorama à Port-au-Prince est alarmant. Depuis jeudi, les tirs sont constants dans la capitale entre bandes armées et policiers. Des perturbations de la circulation, des incendies de bus et des barricades ont également été signalés. Selon EFE, des dizaines de familles ont fui leurs maisons et leurs camps de réfugiés.

D’autre part, Reuters a rapporté que vendredi, des informations ont été rapportées selon lesquelles des groupes armés cherchaient à prendre le contrôle du principal port à conteneurs de la capitale. Cependant, ces informations n’ont pas pu être confirmées par l’agence de presse.

Manifestations et informations faisant état de policiers assassinés

Face à la situation, une dizaine de policiers ont manifesté devant la Préfecture de Police.

Trop de policiers sont tués. Trop de femmes et d’enfants sont violés. Trop de gens sont contraints de quitter leur domicile. On le dit souvent et vous le savez tous : il existe des moyens de résoudre le problème, mais les autorités politiques n’en ont pas la volonté, a dénoncé Garry Jean Baptiste, délégué du syndicat de police SPNH.

Selon Jean Baptiste, il s’agit « d’un complot visant à détruire la Police nationale et à démontrer son impuissante, afin de pouvoir demander l’aide d’une force internationale ».

Depuis l’escalade de la violence, au moins quatre policiers ont été tués, même si les chiffres varient et qu’il pourrait y avoir davantage de morts.

Une vidéo a circulé sur les réseaux sociaux et semblait montrer les corps de deux policiers assassinés. A ce sujet, Lionel Lazare, leader du syndicat de police Synapoha, a assuré qu’ils faisaient partie des quatre policiers assassinés jeudi.

Ce jour-là, il y a eu une attaque contre le sous-commissariat de Bon Repos, au nord de la capitale haïtienne. Selon les syndicats de policiers, ils n’ont pas encore pu récupérer les corps de leurs collègues.

A cet égard, le bureau d’Henry a publié un communiqué dans lequel il se dit indigné « par les actes de violence et de terreur orchestrés par des bandits armés ». Par ailleurs, il a exprimé ses condoléances aux familles des victimes et a assuré qu’il continuerait à œuvrer pour résoudre le conflit.

Alerte dans les hôpitaux

Le panorama hospitalier a également déclenché la sonnette d’alarme. Selon l’AFP, une source à l’hôpital universitaire d’État d’Haïti a indiqué avoir reçu jeudi au moins 25 blessés.

D’autre part, Médecins sans frontières rapporte également qu’elle accueille chaque jour au moins une quinzaine de blessés. « Maintenant partout. Il n’y a plus de zones calmes », a déclaré Mumuza Muhindo, chef de mission de l’ONG, pour l’agence de presse française.

En outre, ils ont averti que l’augmentation de la violence rendait difficiles leurs opérations en Haïti. « Si la situation continue ainsi, il sera difficile de continuer à maintenir nos activités », a-t-il déclaré. En revanche, ils ont signalé un manque important de médicaments.

Un traité de sécurité entre le Kenya et Haïti

La violence en Haïti s’est intensifiée lors de la visite d’Henry au Kenya cette semaine. À Nairobi, avec le président kenyan William Ruto, ils ont signé un accord de sécurité prévoyant l’envoi de 1 000 policiers pour diriger une mission approuvée par l’ONU.

Un communiqué signé par le président kenyan indique que les prochaines étapes pour accélérer le déploiement ont été « discutées » et prévoit également « l’envoi réciproque de policiers », sans donner plus de détails.

Il ne précise cependant pas si cet engagement contredit la décision de la Cour suprême du Kenya qui s’était prononcée contre l’envoi de policiers, considérant qu’une telle action était illégale.



©France 24

« Je profite de cette occasion pour réitérer l’engagement du Kenya à contribuer au succès de cette mission multinationale. Nous pensons qu’il s’agit d’un devoir historique, car la paix en Haïti est bonne pour le monde dans son ensemble », indique le texte.

Peu auparavant, Henry s’était rendu en Guyane pour un sommet régional des Caraïbes, au cours duquel il avait assuré que le pays organiserait des élections en 2025, après avoir reporté la date en invoquant l’insécurité latente dans le pays.

Avec EFE, AFP et Reuters