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L’Assemblée nationale française débat de la guerre en Ukraine : que votent les parlementaires ?

L’Assemblée nationale française débat de la guerre en Ukraine : que votent les parlementaires ?

Le Premier ministre Gabriel Attal doit défendre la stratégie d’aide française à l’Ukraine devant l’Assemblée nationale ce mardi 12 mars, à partir de 15 heures (heure locale). Son intervention sera suivie d’un débat et d’un vote. Après les déclarations d’Emmanuel Macron, qui n’excluent pas l’envoi de troupes sur le terrain en Ukraine, la position des différents groupes parlementaires sera examinée avec attention.

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A l’initiative du président Emmanuel Macron, le Parlement analyse la stratégie d’aide française à l’Ukraine. Devant les sénateurs, les députés débattront de la question ce mardi 12 mars.

Quel est le but du vote ?

Après débat, les députés se prononceront sur le discours du Premier ministre sur la stratégie d’aide à l’Ukraine et non sur le contenu de l’accord bilatéral franco-ukrainien signé à Paris le 16 février ou sur l’engagement financier de fournir « à hauteur de 3 milliards d’euros ». d’aide supplémentaire » à l’Ukraine déchirée par la guerre.

Il s’agit d’un vote non contraignant autorisé par l’article 50-1 de la Constitution. Celui qui stipule que « devant l’une ou l’autre des Chambres, le Gouvernement peut (…) faire, sur un sujet donné, une déclaration qui donne lieu à débat et peut, s’il le décide, être mise aux voix sans compromettre sa responsabilité ».

L’accord bilatéral de sécurité conclu avec l’Ukraine le 16 février prévoit « la fourniture d’une assistance globale à l’Ukraine » pour « rétablir son intégrité territoriale à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues » pour dix ans, « une dissuasion active et des mesures à prendre contre toute nouvelle agression ». de la Russie, ainsi que le « soutien » à l’adhésion de Kiev à l’Union européenne et à « l’interopérabilité avec l’OTAN ».

Avant sa visite à Paris, Volodymyr Zelensky s’est rendu en Allemagne, où il a signé un accord de sécurité similaire avec le chancelier Olaf Scholz. En janvier, le Royaume-Uni et l’Ukraine ont également conclu un accord de sécurité sur dix ans.

Quelles sont les positions des groupes parlementaires ?

Suite aux déclarations d’Emmanuel Macron prononcées à Prague le 5 mars, affirmant que la France ne devait mettre « aucune limite » à son soutien à l’Ukraine, le président français souhaite clarifier les positions des forces politiques représentées à l’Assemblée nationale.

Plusieurs leaders de l’opposition ont dénoncé l’instrumentalisation de la question ukrainienne à des fins électorales, alors que débute la campagne pour les élections européennes qui se tiendront du 6 au 9 juin 2024.

Depuis l’Elysée, ils espèrent sans doute mettre en avant « l’affiliation russe » de certains de leurs opposants. A la veille du vote, les positions des groupes parlementaires ne sont pas totalement connues.

Le Rassemblement national (RN), parti d’extrême droite, a annoncé que ses parlementaires s’abstiendraient. Pour justifier cette décision, le chef de liste du RN pour les élections européennes, Jordan Bardella, a expliqué que la position défendue par Emmanuel Macron comportait des « lignes rouges », notamment l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne et à l’Otan. Il a également dénoncé le « principe de dissuasion active » évoqué dans l’accord de sécurité franco-ukrainien. « Il faut être très prudent. Oui au soutien à l’Ukraine, mais pas à une guerre avec la Russie », a déclaré le président du RN.

Les Républicains n’ont pas tranché leur position et dénoncent une manœuvre politique.


Les groupes Renaissance, Horizons, MoDem, le Parti socialiste (PS) et Europe Ecologie-Les Verts devraient se prononcer en faveur d’un soutien et d’une aide renforcés à l’Ukraine. Raphaël Glucksmann, tête de liste PS pour les élections européennes, a appelé « tous ceux qui s’engagent pour la démocratie et la sécurité de l’Europe à voter pour cet accord ».

Au nom de la France Insoumise (LFI), les députés voteront contre la stratégie d’aide française à l’Ukraine. LFI affirme qu’elle votera ainsi « contre la guerre » et « contre l’élargissement de l’Otan et de l’Union européenne » vers l’Ukraine, affirmant ses divergences avec les socialistes, qui soutiendront l’accord de sécurité scellé entre la France et l’Ukraine le 16 février.

Quant au secrétaire national du Parti communiste, Fabien Roussel, il a également déclaré que son groupe voterait contre « si le discours du Premier ministre reprend les éléments du traité », accusant le camp présidentiel de devenir « le parti de la guerre ».

Après l’Assemblée, un débat similaire aura lieu au Sénat le mercredi 13 mars.

Avec l’AFP

Cet article a été adapté de son original français.