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L’extrême droite gagne aux Pays-Bas ; Geert Wilders relève le défi de former une coalition

L’extrême droite gagne aux Pays-Bas ; Geert Wilders relève le défi de former une coalition

Le leader du Parti pour la liberté (PVV), d’extrême droite, Geert Wilders, s’est lancé ce jeudi 23 novembre dans la recherche de partenaires pour former une coalition après sa victoire électorale. Avec 98% des suffrages dépouillés, le PVV a obtenu 37 sièges sur les 150 en jeu, loin devant les 25 sièges de la coalition travailliste-écologiste menée par l’ancien commissaire européen Frans Timmermans et les 24 sièges du Parti libéral (VVD). du Premier ministre sortant Mark Rutte.

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Après une victoire de l’extrême droite aux élections néerlandaises, dont l’ampleur a surpris au-delà des frontières, une tâche difficile attend le leader islamophobe Geert Wilders à partir de jeudi 23 novembre : convaincre ses rivaux de former une coalition.

Selon les résultats presque complets, le Parti pour la liberté (PVV) a remporté 37 des 150 sièges du Parlement, soit plus du double de celui des élections précédentes de 2021. Cependant, la victoire inattendue de l’homme politique ne lui assure pas le poste de premier ministre.

La coalition écologiste de gauche dirigée par Frans Timmermans est, selon ces résultats, la deuxième avec 25 sièges (+8 par rapport à 2021), tandis que le Parti populaire de centre-droit pour la liberté et la démocratie (VVD) du premier ministre sortant Mark Rutte , a remporté 24 sièges (-10).


Profitant d’une crise de confiance dans la politique, le Nouveau Contrat Social (NSC), un nouveau parti dirigé par Pieter Omtzigt, qui adopte également une position ferme sur la migration, aurait remporté 20 sièges.

La victoire de Geert Wilders, 60 ans, marque un tournant brutal à droite dans le pays, qui doit être accueilli avec prudence à Bruxelles : le PVV a promis un référendum sur le maintien ou non des Pays-Bas dans l’Union européenne.

Les médias néerlandais ont réagi avec étonnement à la victoire du PVV, qualifiée de « monstrueuse » par la radio publique « NOS ».

« Personne ne s’y attendait, pas même le vainqueur lui-même », affirme le journal ‘Trouw’. Pour le journal ‘NRC’, il s’agit d’une « révolte populiste de droite » qui ébranlera la politique néerlandaise « jusqu’à ses fondations ».

« Une période très difficile commence pour les musulmans »

Le Premier ministre nationaliste hongrois Viktor Orban a salué « le vent du changement ». Et la chef du Rassemblement national français, Marine Le Pen, a félicité Geert Wilders pour sa victoire « qui confirme l’engagement croissant en faveur de la défense des identités nationales ».

Avant les élections, dont l’issue est restée jusqu’au bout incertaine, les dirigeants des trois autres grands partis avaient assuré qu’ils ne participeraient pas à un gouvernement dirigé par le PVV. Ce dernier « ne peut plus être ignoré », a souligné Geert Wilders.

Enfin, le populaire Pieter Omtzigt du NSC s’est montré ouvert aux négociations, même s’il a reconnu que le processus « ne sera pas facile ».

Frans Timmermans, de son côté, avait dans un premier temps rejeté une coalition avec l’extrême droite. « Il est temps de défendre la démocratie », a-t-il déclaré.

« Une période très difficile commence pour les musulmans », a déclaré Muhsin Köktas, de l’organisme de contact pour les musulmans et le gouvernement (CMO), à l’agence de presse néerlandaise ANP.

Le candidat du VVD, Dilan Yesilgöz, laconique après des résultats décevants, a déclaré qu’il faudra voir si Geert Wilders parvient à former une coalition.

Tentative de calmer sa rhétorique populiste

Surnommé le « Trump néerlandais », Geert Wilders est en réalité entré en politique bien avant l’ancien président américain. Il n’hésite pas à traiter les Marocains de « voyous » ou à proposer des concours de caricature du prophète Mahomet, et a construit sa carrière en luttant contre ce qu’il appelle une « invasion islamique » de l’Occident.

Geert Wilders a remporté les élections aux Pays-Bas. Le défi consiste désormais à former un gouvernement de coalition.
Geert Wilders a remporté les élections aux Pays-Bas. Le défi consiste désormais à former un gouvernement de coalition. © PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP

Ni ses démêlés judiciaires, où il a été reconnu coupable d’injures contre des Marocains, ni les menaces de mort à son encontre, qui le maintiennent sous protection policière depuis 2004, ne l’ont dissuadé.

Récemment, il a tenté d’atténuer sa rhétorique populiste et de se concentrer sur les préoccupations des électeurs autres que la migration, comme la crise du coût de la vie. Il a également exprimé sa volonté de mettre de côté ses opinions sur l’Islam pour gouverner.

Cependant, le manifeste du PVV a conservé son ton xénophobe. Il propose le rétablissement du contrôle aux frontières néerlandaises, la détention et l’expulsion des migrants illégaux, le retour des demandeurs d’asile syriens et la réintroduction des permis de travail pour les travailleurs au sein de l’UE.

Leur manifeste déclare également que « les Pays-Bas ne sont pas un pays islamique. Il n’y aura ni écoles, ni Corans, ni mosquées ». En politique étrangère, il prône une approche « les Pays-Bas d’abord ».

Cet article a été adapté de son original français.