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Le procès contre six anciens étudiants pour le crime du professeur Samuel Paty s’ouvre à Paris

Le procès contre six anciens étudiants pour le crime du professeur Samuel Paty s’ouvre à Paris

Paris – Six anciens étudiants seront jugés à Paris, à huis clos, pour leur implication dans le meurtre du professeur Samuel Paty en 2020, premier des deux procès prévus dans cette affaire. Cinq adolescents sont jugés pour association de malfaiteurs et un sixième pour dénonciation calomnieuse.

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Ce lundi 27 novembre s’est ouvert à Paris le premier procès dans l’affaire de la décapitation en 2020 du professeur Samuel Paty aux mains d’un jeune jihadiste. Six anciens élèves comparaîtront à huis clos devant le tribunal pour enfants.

Un deuxième procès, devant juger huit adultes, aura lieu devant le tribunal spécial de première instance de Paris fin 2024.

L’attentat, survenu dans un contexte de forte menace terroriste, a provoqué une vive émotion en France et à l’étranger. Le 16 octobre 2020, le professeur d’histoire-géographie de 47 ans a été poignardé puis décapité près de son lycée de Conflans-Sainte-Honorine, près de Paris, par Abdoullakh Anzorov, un réfugié russe d’origine tchétchène. L’islamiste radicalisé de 18 ans a été tué par la police.

L’agresseur a accusé l’enseignant d’avoir montré des caricatures de Mahomet lors d’un cours sur la liberté d’expression. Dans un message audio en russe, il s’est félicité d’avoir « vengé le Prophète ».

Dossier : Des enfants rendent hommage au professeur d'histoire-géographie Samuel Paty à Conflans Sainte Honorine le 16 octobre 2021.
Dossier : Des enfants rendent hommage au professeur d’histoire-géographie Samuel Paty à Conflans Sainte Honorine le 16 octobre 2021. © Christophe Ena, AP

Cinq adolescents – âgés de 14 et 15 ans au moment du meurtre de Samuel Paty – sont jugés pour association de malfaiteurs préparer des actes de violence aggravée. Ils sont accusés d’avoir surveillé les abords de l’école et d’avoir désigné Samuel Paty comme l’agresseur, en échange d’une rémunération.

Un sixième adolescent, âgé de 13 ans au moment de l’agression, est jugé pour dénonciation calomnieuse.. Cette écolière avait affirmé à tort que Samuel Paty avait demandé aux élèves musulmans de s’avancer et de quitter la classe avant de montrer les caricatures de Mahomet. En réalité, elle n’avait pas assisté au cours.

Son mensonge a déclenché une violente campagne sur les réseaux sociaux de la part de son père, Brahim Chnina, et d’un militant islamiste, Abdelhakim Sefrioui, qui avaient réalisé des vidéos attirant l’attention sur le professeur. Ces deux hommes seront jugés lors du deuxième procès.

Le rôle « essentiel » des mineurs

Pour la famille de Samuel Paty, ce premier procès « fondamental » est très attendu. « Le rôle des mineurs est essentiel dans la spirale qui a conduit au meurtre » du professeur, affirme Virginie Le Roy, qui représente ses parents et une de ses sœurs.

L’enquête a permis de découvrir comment, en l’espace de dix jours, Le piège s’est refermé sur Samuel Paty : des mensonges de l’écolière aux attaques sur Internet, en passant par l’arrivée de l’agresseur à la porte de l’école 16 octobre.

« Hé mon garçon, viens ici, j’ai quelque chose à te proposer », a lancé Abdoullakh Anzorov à un adolescent, en lui offrant 300 euros pour identifier Samuel Paty, que l’agresseur disait vouloir « filmer en s’excusant ».

L’écolier « a bluffé » et a accepté l’offre, car « il ne se sentait pas assez fort pour le faire tout seul ». Quatre autres l’ont rejoint, selon des témoignages cités dans l’ordonnance des juges d’instruction consultés par l’AFP.

Certains d’entre eux faisaient la navette entre l’école et la « cachette » d’Anzorov, surveillant ou s’enregistrant avec des factures.

L’agresseur a demandé à l’un d’eux d’appeler l’adolescent à l’origine de l’affaire. Elle répéta son mensonge, ne sachant pas qu’il l’écoutait.

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Durante las audiencias, en las que rompieron a llorar, los alumnos juraron que habían imaginado que, como mucho, el profesor sería « colgado en las redes », tal vez « humillado », « apaleado »… Pero que « nunca » llegaría à la mort ».

A la sortie de l’école, les adolescents désignent Samuel Paty : « Il est là », disent-ils. Il a été assassiné peu avant cinq heures de l’après-midi.

Les anciens collègues de Paty veulent se constituer partie civile

L’ex-petite amie de Samuel Paty « enverra une lettre au président », mais ne sera pas présente à l’audience, a déclaré Francis Szpiner, qui la défend ainsi que leur fils.

Les adolescents sont désormais lycéens. Ils risquent des peines allant jusqu’à deux ans et demi de prison.. « C’est compliqué », a résumé Dylan Slama, avocat de l’un d’eux. « Pour le reste de sa vie, il continuera à être le garçon impliqué dans cette affaire », a-t-il ajouté.

Selon son avocat, Antoine Casubolo-Ferro, une douzaine de confrères enseignants de Samuel Paty comptent se constituer partie civile à l’ouverture du procès, en « soutien » à la famille.

Le procès devrait se poursuivre jusqu’au 8 décembre.

Avec l’AFP

Cet article a été adapté de son original en français