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L’Arménie reconfigure ses alliances militaires, l’Azerbaïdjan propose un dialogue direct

L’Arménie reconfigure ses alliances militaires, l’Azerbaïdjan propose un dialogue direct

Au milieu de la complexité de la crise du Haut-Karabakh, fondée sur le déplacement forcé de la population, le paysage géopolitique de l’Arménie connaît d’importantes transformations, marquées par la reconfiguration de ses alliances militaires et la recherche de nouvelles sources de sécurité.

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La distance imposée à l’Organisation du Traité de sécurité collective se creuse avec le refus de l’Arménie de participer à la prochaine réunion des membres de l’organisation à Minsk et la demande de retirer de l’ordre du jour le document sur l’aide à l’Arménie. Malgré son mécontentement, Erevan a nié toute intention d’abandonner l’alliance militaire à laquelle elle participe depuis plus de 30 ans.

La Russie considère que cette réaction a été orchestrée par l’Occident, même si l’Arménie assure que c’est l’inaction de l’OTSC qui l’a poussée à diversifier ses relations dans le domaine de la sécurité et à rechercher de nouvelles collaborations.

De leur côté, les discussions autour du budget de l’État arménien pour 2024 montrent une augmentation notable des dépenses publiques dans le secteur militaire. Alors que le montant alloué à la défense en 2022 se situait entre 700 et 800 millions de dollars, en 2024, il sera d’environ 1,4 milliard de dollars.

La France, nouvel allié de l’Arménie

Dans ce contexte, la France apparaît comme un nouveau partenaire militaire de l’Arménie. L’intensification de la coopération s’est traduite par la signature de contrats pour l’acquisition des systèmes de défense aérienne Mistral et des radars « Ground Master 200 ».

Un système de défense aérienne télécommandé « Mistral Atlas RC » de la société européenne MBDA est stationné au Salon international de l'aéronautique et de l'espace de Paris, à l'aéroport de Paris-Le Bourget, le 19 juin 2023.
Un système de défense aérienne télécommandé « Mistral Atlas RC » de la société européenne MBDA est stationné au Salon international de l’aéronautique et de l’espace de Paris, à l’aéroport de Paris-Le Bourget, le 19 juin 2023. AFP – EMMANUEL DUNAND

La France est non seulement devenue un fournisseur d’armes du pays du Caucase, mais elle enverra également un officier militaire comme consultant en matière de défense et proposera une formation aux forces armées arméniennes. Cette approche avec le pays européen représente un changement stratégique important et un engagement en faveur de collaborations au-delà des alliances traditionnelles.

Alors que le président azerbaïdjanais, Ilham Aliyev, accusait Paris d’exacerber les tensions, le ministre des Armées françaises, Sébastien Lecornu, a assuré que « personne ne peut reprocher à un Etat souverain de protéger son ciel et la population qui vit en dessous ».

Au niveau social, un sondage d’opinion réalisé par « GALLUP » en Arménie a révélé que 41,1 % des personnes interrogées perçoivent la France comme le principal allié militaire et politique de l’Arménie.

Peu de temps après la visite de la ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna à Erevan, le gouvernement français a commencé à livrer des armes à l’Arménie, activant ainsi les termes des contrats de coopération signés le mois dernier. Récemment, de nombreux véhicules blindés polyvalents Bastion de fabrication française ont été enregistrés en cours de déchargement dans le port de Poti en Géorgie.

Élargissement des horizons de la coopération militaire arménienne

Simultanément, l’Arménie a exploré de nouvelles alliances en Asie du Sud. La collaboration militaire avec l’Inde s’est renforcée, et l’acquisition de la fusée Pinaka et du système anti-drone Zen souligne l’importance croissante du pays en tant que fournisseur clé d’armes.

Soldats arméniens à un poste à la frontière avec l'Azerbaïdjan, près de la ville de Noyemberyan, le 30 mai 2023.
Soldats arméniens à un poste à la frontière avec l’Azerbaïdjan, près de la ville de Noyemberyan, le 30 mai 2023. © AFP / Karen Minassian

De plus, le fabricant indien de systèmes d’artillerie Bharat Forge a confirmé que ses obusiers automoteurs blindés MARG 155 seraient destinés à l’Arménie.

Dans le cadre des intentions explicites de l’Arménie d’augmenter sa capacité de défense, apparaît la réaction internationale tardive à la crise du Haut-Karabakh et au recours à la force par l’Azerbaïdjan contre son territoire.

Le Sénat des États-Unis, par exemple, a adopté une position critique à l’égard de l’Azerbaïdjan, suspendant toute aide militaire par le biais d’un projet de loi visant à abroger l’autorisation de dérogation de l’article 907 de la loi sur la liberté d’administration en ce qui concerne l’assistance militaire à l’Azerbaïdjan.

Appels à des négociations de l’Azerbaïdjan

La parte azerbaiyana calificó esta decisión como un golpe a las relaciones entre los dos países y aseguró que Bakú no enviará una delegación a Washington para mantener conversaciones entre los ministros de Asuntos Exteriores de Azerbaiyán y Armenia en torno a un acuerdo de paz que debía celebrarse el 20 novembre.

Ces derniers jours, Bakou a révélé son rejet de l’attitude « pro-arménienne » de la France et des États-Unis et a exprimé sa volonté de poursuivre les négociations directement avec l’Arménie. Son ministère des Affaires étrangères a déclaré que « la responsabilité de la poursuite du processus de paix, y compris le choix d’un lieu mutuellement acceptable ou la décision de se rencontrer à la frontière de l’État, appartient aux deux pays ».

Les forces armées azerbaïdjanaises participent à un défilé dans la capitale de la région du Haut-Karabakh, connue sous le nom de Khankendi pour les Azerbaïdjanais et Stepanakert pour les Arméniens, Azerbaïdjan, le 8 novembre 2023.
Les forces armées azerbaïdjanaises participent à un défilé dans la capitale de la région du Haut-Karabakh, connue sous le nom de Khankendi pour les Azerbaïdjanais et Stepanakert pour les Arméniens, Azerbaïdjan, le 8 novembre 2023. © via Reuters / Présidence de l’Azerbaïdjan

La partie arménienne n’a pas immédiatement répondu à cet appel, bien qu’elle ait envoyé à l’Azerbaïdjan sa sixième proposition d’accord de paix.

La mise en œuvre de l’offre azerbaïdjanaise tracerait un nouveau scénario dans la région du Caucase, dans lequel le rôle de médiateur de l’Occident et de la Russie serait suspendu. À son tour, la configuration des nouvelles alliances militaires arméniennes reflète la recherche de flexibilité au milieu d’une crise régionale en constante évolution. L’impact à long terme de ces décisions sur la stabilité régionale et la dynamique des conflits sera crucial.