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La Cour Suprême du Sénégal annule l’arrêt qui qualifiait l’opposant Sonko pour la présidentielle de 2024

La Cour Suprême du Sénégal annule l’arrêt qui qualifiait l’opposant Sonko pour la présidentielle de 2024

La Cour suprême du Sénégal a annulé ce vendredi 17 novembre un arrêt qui avait rendu à l’opposant emprisonné Ousmane Sonko la possibilité de participer à la présidentielle de 2024 et a jugé que l’affaire devait être rejugée.

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Ce vendredi 17 novembre, la Cour suprême du Sénégal a annulé un arrêt qui remettait l’opposant emprisonné Ousmane Sonko dans la course à l’élection présidentielle de février 2024. La Haute Cour a décidé que l’affaire devait être rejugée, a annoncé son président, Ali. Ciré Ba.

« Le tribunal annule la décision du tribunal de Ziguinchor du 12 octobre et renvoie l’affaire au tribunal de grande instance de Dakar » pour un nouveau procès, a-t-il déclaré.

Le mois dernier, le tribunal de Ziguinchor, ville dont Sonko est maire depuis 2022, a annulé la radiation de l’opposant des listes électorales.

« Cette décision ne nous convient pas. L’affaire sera rejugée, mais le processus d’obtention du parrainage va bientôt se terminer », a déclaré à l’AFP Me Babacar Ndiaye, l’un des avocats d’Ousmane Sonko. Obtenir des soutiens est une étape essentielle pour se présenter à la présidence.

La loi sur le parrainage, approuvée en avril 2018, stipule que chaque candidat a l’obligation de recevoir le soutien d’au moins 0,8 % des listes électorales (53 000 signatures) pour concourir à l’élection présidentielle.

« Un chèque en blanc » pour le président Macky Sall

Ce même vendredi, un tribunal régional a porté un nouveau coup dur aux tentatives de l’opposant sénégalais de revenir à la présidentielle.

« Le Sénégal n’a violé aucun de vos droits », a déclaré la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à Abuja, la capitale nigériane.

Les avocats d’Ousmane Sonko ont saisi la justice pour contester son exclusion des listes électorales sénégalaises suite à une condamnation pour corruption de mineurs.

Sonko a été arrêté le 28 juillet après avoir été condamné le 1er juin à deux ans de prison pour corruption de mineurs, peine qui le disqualifie pour se présenter aux élections.

« La Cour de justice de la CEDEAO donne son feu vert à Macky Sall (le président sénégalais) pour anéantir son adversaire », a réagi Juan Branco, l’un des avocats de Sonko.

Sonko dénonce le complot

La confrontation de Sonko avec l’État dans plusieurs affaires politico-judiciaires a tenu le Sénégal en haleine pendant deux ans et demi et a provoqué les troubles les plus violents que le pays ait connu depuis des années. Pendant ce temps, le chef de l’opposition et ses avocats continuent de dénoncer un complot visant à l’éliminer politiquement.

Son discours souverainiste et panafricaniste, ses positions contre « la mafia d’État », les multinationales et l’influence économique et politique exercée, selon lui, par l’ancienne puissance coloniale française, lui valent un fort soutien auprès des moins de 20 ans, qui représentent la moitié de la population. Ses détracteurs le voient comme un agitateur incendiaire.

L’opposant a appelé à la résistance jeudi soir, estimant que ce vendredi était en jeu la souveraineté des Sénégalais et le « destin de la nation ».

« Nous devons défendre une justice juste, libre et indépendante, pour le droit de vivre dans un pays sans craindre d’être arrêté et emprisonné sans justification », a-t-il déclaré sur ses réseaux sociaux.

Grève de la faim

Le ministère de l’Intérieur a jusqu’à présent refusé de fournir à Ousmane Sonko les formulaires officiels qui lui permettraient d’obtenir ses parrainages, étape nécessaire à sa candidature.

La commission électorale, l’organisme chargé de superviser le processus électoral, a cependant demandé le 31 octobre à la Direction générale des élections (DGE), dépendante de l’Intérieur, de réintégrer Ousmane Sonko sur les listes et de lui remettre les documents d’inscription. . Le même jour, la DGE rejette la demande.

Ousmane Sonko, 49 ans, a été reconnu coupable le 1er juin de corruption de mineurs et condamné à deux ans de prison. En refusant de comparaître au procès qu’il a dénoncé comme un complot visant à l’exclure des élections, il a été déclaré par contumace.

Il a été emprisonné fin juillet pour d’autres chefs d’accusation, notamment d’appel à l’insurrection, d’association criminelle en relation avec une entreprise terroriste et d’atteinte à la sécurité de l’État.

À la mi-octobre, il a annoncé une nouvelle grève de la faim.

Avec AFP – Cet article a été traduit de l’original en français.