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Des milliers de personnes manifestent contre l’antisémitisme, sur fond de divisions politiques

Des milliers de personnes manifestent contre l’antisémitisme, sur fond de divisions politiques

Les rues de Paris, en France, étaient remplies dimanche 12 novembre de milliers de personnes qui ont défilé pour protester contre l’antisémitisme face à l’escalade de ces actes d’hostilité envers la communauté juive. Des références de la classe politique française ont décidé de participer et ont en même temps montré leurs divisions marquées.

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Des milliers de personnes ont participé à la marche contre l’escalade des actes antisémites dans la capitale française. Cependant, ce qui a retenu le plus l’attention dans cette protestation a été le débat qui a surgi dans la classe politique lorsqu’il est devenu évident l’absence d’accords sur la participation de l’ensemble des dirigeants.

« Notre ordre du jour aujourd’hui est la lutte totale contre l’antisémitisme, qui est à l’opposé des valeurs de la république », a déclaré le président du Sénat, Gérard Larcher, qui a organisé la manifestation avec le président de la chambre. « , a déclaré à l’AFP Yael Braun-Pivet.

Avant de commencer la manifestation, Larcher a déclaré que « notre devise du jour est la République », tandis que Braun-Pive a déclaré qu’il espérait que cette marche unirait le plus possible les citoyens.

La France, qui abrite d’importantes communautés juives (plus de 550 000 personnes selon l’Office national de lutte contre l’antisémitisme en 2018) et musulmanes (qui représentent 10 % de la population française, selon l’Institut national des hommes d’État et de l’économie) chercheurs en 2020), a enregistré quelque 1 250 actes antisémites depuis l’escalade du conflit entre le Hamas et Israël qui a débuté le 7 octobre.

La manifestation a débuté peu avant 15h30 heure locale, à côté de la chambre basse, sur l’esplanade des Invalides, et a parcouru les rues en direction du jardin du Luxembourg, où se trouve la chambre haute. Il y est arrivé une heure et demie plus tard.

Selon le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, plus de 3 000 policiers et gendarmes ont été déployés pour assurer la sécurité de la « grande marche citoyenne ».

La manifestation a débuté avec une banderole sur laquelle on pouvait lire : « Pour la République, contre l’antisémitisme ». Aux côtés de Braun-Pivet et de Larcher se trouvaient les deux anciens présidents français encore vivants, le conservateur Nicolas Sarkozy et le socialiste François Hollande, ainsi que la Première ministre Élisabeth Borne.

La présidente de l'Assemblée nationale française, Yael Braun-Pivet, la Première ministre Elisabeth Borne, le président du Sénat, Gérard Larcher, et les anciens présidents français, François Hollande et Nicolas Sarkozy, assistent à la manifestation contre l'antisémitisme, à Paris, France, 12 novembre 2023.
La présidente de l’Assemblée nationale française, Yael Braun-Pivet, la Première ministre Elisabeth Borne, le président du Sénat, Gérard Larcher, et les anciens présidents français, François Hollande et Nicolas Sarkozy, assistent à la manifestation contre l’antisémitisme, à Paris, France, 12 novembre 2023. REUTERS-CLAUDIA GRECO

A la veille de la marche, le président Emmanuel Macron avait condamné « la résurgence insupportable de l’antisémitisme endémique » dans le pays, mais Macron n’a pas participé à la manifestation sous prétexte de son rôle institutionnel.

Une France où nos citoyens juifs ont peur n’est pas la France. Une France où les Français ont peur à cause de leur religion ou de leur origine, ce n’est pas la France, écrit-il dans une lettre publiée samedi dans le journal Le Parisien.

Divisions dans la politique française

L’une des personnalités les plus interrogées était la leader de l’extrême droite, Marine Le Pen, qui participait à la manifestation entourée de certains des principaux dirigeants de son parti, le Rassemblement national (RN).

« Nous sommes exactement là où nous devons être », a souligné Le Pen, critiquée par les secteurs politiques qui assurent son intention de blanchir son image avec sa participation à cet événement.

« Ce qui se passe en France nécessite l’unité du peuple français dans son ensemble » et que les responsables politiques laissent « pour quelques heures les polémiques politiques », a-t-il déclaré.

Au début de la marche, un groupe de jeunes juifs de gauche l’a réprimandée et huée avec des cris tels que : « Le Pen, sors, les juifs ne t’aiment pas ! »

La Première ministre Borne, d’origine juive, avait exprimé son malaise face à la présence du RN, et les trois grandes formations de la gauche parlementaire présentes à l’appel ont fait de même, représentées par leurs hauts responsables : Olivier Faure, du Parti socialiste. .(); Fabien Roussel, du Parti communiste français (PCF) ; et Marie Tondelier, des Écologistes.

De son côté, La Francia Insumisa (LFI), le parti de gauche radicale de Jean-Luc Mélenchon, n’a pas participé à la manifestation estimant qu’elle ne pouvait pas partager cet espace avec le RN, car elle n’est pas d’accord avec ses discours de haine et ses discours anti – Passé sémitique. En outre, il a qualifié la manifestation de réunion d' »amis du soutien inconditionnel au massacre » des Palestiniens à Gaza.

Son parti a organisé une manifestation distincte dans l’ouest de Paris, mais elle a été interrompue dimanche matin par des contre-manifestants, soutenus dans un communiqué sur X (anciennement Twitter) par le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF).


Une autre position était celle d’Elisabeth Borne, du parti Renaissance et dont le père a survécu au camp d’extermination nazi d’Auschwitz en Pologne occupée, qui a déclaré qu' »il n’y avait pas de place pour des positions » dans la marche, en référence aux intersections politiques.

« C’est une bataille vitale pour la cohésion nationale », écrit-il dans X avant de rejoindre le front de la marche.


Avec l’EFE et l’AFP.