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Daniel Noboa assume la présidence et fait face à des défis immédiats en matière de sécurité et d’économie

Daniel Noboa assume la présidence et fait face à des défis immédiats en matière de sécurité et d’économie

Noboa, inconnu de tous il y a seulement quelques mois, est devenu le nouveau président de l’Équateur après avoir battu la candidate de gauche Luisa González au deuxième tour des élections en octobre dernier. Homme d’affaires millionnaire, il prend officiellement ses fonctions ce jeudi 23 novembre, face à deux défis cruciaux pour une durée d’un an et six mois : faire face aux difficultés économiques du pays et affronter la spirale de violence attribuée aux cartels du trafic de drogue.

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A 35 ans et sans aucune expérience en gestion publique, Daniel Noboa est le plus jeune président de l’histoire de l’Équateur. Son ascension a été surprenante dans un scrutin atypique organisé en deux tours (en août et octobre) et marqué par des actes de violence, dont l’assassinat de l’un des candidats, Fernando Villavicencio.

Vainqueur avec 52,05% des voix face à la candidate de gauche Luisa González, le nouveau président fait face à deux défis majeurs : la sécurité et la situation économique.

Plus de 323 000 Équatoriens sont au chômage selon les données officielles, et plus de 50 % de l’économie repose sur le travail informel. Par ailleurs, la croissance économique devrait être de 1,5% cette année et de 0,8% en 2024.

De grands défis et peu de temps pour les affronter

Pour relancer l’économie équatorienne, le nouveau président n’a aucune marge de temps, puisque son mandat ne dure que 17 mois, soit le temps restant du mandat du président sortant, Guillermo Lasso. Ce dernier avait annoncé en mai la dissolution de l’Assemblée nationale et sa propre démission.

Noboa a effectué une tournée aux États-Unis et en Europe pour attirer des investissements et des prêts, bien qu’il ait prévenu qu’il équilibrerait le respect des obligations liées à la dette extérieure, qui s’élève à environ 47,4 milliards de dollars. En outre, il s’est engagé à promouvoir la création d’emplois dans les entreprises et à réduire les impôts sur la construction, entre autres aspects.


Outre la situation économique, une violence sans précédent s’est emparée du pays. Les homicides dans les rues et dans les prisons, attribués à des groupes criminels par le gouvernement actuel, ont considérablement augmenté ces dernières années.

Le mandat de l’impopulaire Guillermo Lasso a été marqué par une vague de violence dans les prisons et dans les rues. La cocaïne, produite en Colombie et au Pérou, transite à grande échelle par l’Équateur, notamment à destination des ports européens. Les observateurs soulignent que les cartels ont infiltré le pouvoir et ses institutions, faisant de l’Équateur le théâtre de rivalités sanglantes entre gangs, sous le regard impuissant ou parfois complice des autorités.

Selon un récent rapport de l’Observatoire équatorien du crime organisé, les morts violentes pourraient dépasser les 7 000 cette année, avec un taux d’homicides de 35 pour 100 000 habitants. Noboa est conscient de l’urgence de montrer des résultats en matière de sécurité et a promis de militariser les frontières, d’augmenter la présence de caméras de sécurité et de construire des prisons sécurisées en haute mer.

Sans majorité à l’Assemblée, des coalitions sont nécessaires

Élu député en 2021 et président de la commission du développement économique de l’Assemblée nationale, Noboa est resté discret et était pratiquement inconnu du grand public jusqu’il y a quelques mois.

Il n’est cependant pas un parfait inconnu. Les Équatoriens connaissent sa famille, notamment son père, le riche exportateur de bananes Álvaro Noboa, qui s’est présenté cinq fois sans succès à la présidentielle. Son fils se vante d’avoir fondé sa propre entreprise à l’âge de 18 ans et d’avoir étudié à Harvard. Soutenu par les élites et tous les partis de droite, il se dit centre-gauche.

Comme son prédécesseur, Daniel Noboa ne dispose pas de majorité à l’Assemblée nationale, où sa coalition ne dispose que de 13 sièges sur 137. La semaine dernière, il a réussi à former une coalition législative avec le Parti social-chrétien (PSC) conservateur et la Révolution citoyenne, le parti de l’ancien président de gauche Rafael Correa, qui devrait renforcer ses réformes.

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Avec Reuters et EFE