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Boric convoque un plébiscite sur une nouvelle proposition de Constitution conservatrice pour le Chili

Boric convoque un plébiscite sur une nouvelle proposition de Constitution conservatrice pour le Chili

Santiago (AFP) – Le président du Chili, le gauchiste Gabriel Boric, a appelé à un plébiscite le 17 décembre sur un nouveau projet de Constitution pour remplacer celle imposée par la dictature, qui a été rédigé par un conseil dominé par des forces de droite opposées au gouvernement.

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« Le plébiscite du 17 décembre est officiellement convoqué et j’invite tous nos compatriotes à s’informer et à participer, en accomplissant l’incontournable devoir citoyen de voter », a déclaré le gauchiste Boric lors d’une cérémonie à Santiago, ce mardi 7 novembre, au cours de laquelle il a reçu l’initiative du conseil.

Les Chiliens se rendront aux urnes pour la deuxième fois en un an pour décider d’un nouveau cadre réglementaire.

En 2020, 78 % ont approuvé la modification de la Constitution après des manifestations massives contre les inégalités dans ce pays de 19 millions d’habitants et l’une des économies de marché les plus consolidées de la région.

Cependant, la majorité a rejeté une première proposition rédigée par des mouvements et partis de gauche qui prônaient un État plus fort garantissant l’accès à la santé, à l’éducation et aux retraites.


Il proposait également la gratuité de l’avortement et la reconnaissance de la justice indigène, entre autres.

Après l’échec du premier projet, les forces politiques ont réclamé un deuxième processus constituant qui a abouti au projet de Constitution qui sera voté en décembre.

La nouvelle proposition a été élaborée par le Parti républicain et d’autres secteurs de droite qui ont prévalu lors de l’élection du Conseil constitutionnel.

Le texte de 216 articles maintient pour l’essentiel le modèle économique établi par le régime militaire d’Augusto Pinochet (1973-1990).

Le parti au pouvoir remet également en question son ton conservateur et controversé sur des questions comme l’avortement ou la migration. Même les démocrates-chrétiens (centre) estiment qu’il s’agit d’un texte « idéologisé » par la droite radicale.

Bien que la Constitution de Pinochet ait subi plusieurs réformes qui ont éliminé ses aspects les plus autoritaires, les Chiliens sont toujours divisés sur la dernière trace de la dictature qui a tué, torturé et fait disparaître des milliers de personnes.

« L’heure définitive des citoyens s’ouvre. Désormais, ce sont leur voix et leur décision qui comptent vraiment », a déclaré Boric mardi.

Pas de consensus

Avant de convoquer le plébiscite, Boric a critiqué les forces de droite pour avoir imposé un nouveau projet de Constitution sans rechercher le consensus avec les autres secteurs représentés au conseil.

Les sondages prédisent la victoire du « contre » au plébiscite, que le Chili poursuivrait selon la Constitution de Pinochet.

Boric a exclu un nouveau processus constitutionnel pendant son mandat, qui se terminera en mars 2026.

La cérémonie de mardi a été présidée par la présidente du Conseil constitutionnel, Beatriz Hevia, du Parti républicain (ultraconservateur), initialement opposée à une modification de la Constitution.

Le discours du président du Chili, Gabriel Boric, le 7 novembre 2023 à Santiago
Le discours du président du Chili, Gabriel Boric, le 7 novembre 2023 à Santiago © Pablo Vera / AFP

Cette nouvelle proposition consacre « une république (…) où les droits et libertés fondamentaux, tels que la liberté de conscience et d’expression, le droit à la propriété, à la vie, à l’éducation et à l’enseignement sont les piliers fondamentaux du contrat constitutif entre le peuple et ses représentants »,  » dit Hévia.

Aussi, selon la gauche, le nouveau projet de Constitution ouvre la voie à une révision de la loi actuelle sur l’avortement, qui permet l’interruption de grossesse en cas de viol, de non-viabilité du fœtus et lorsque la vie de la mère est en danger.