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Le gouvernement Petro entame des pourparlers de paix avec les dissidents des FARC

Le gouvernement Petro entame des pourparlers de paix avec les dissidents des FARC

Le gouvernement colombien a franchi une étape importante vers la recherche d’une « paix totale » en déclarant un cessez-le-feu de trois mois avec le plus grand groupe de dissidents des défuntes FARC. Cette décision marque le début de pourparlers formels pour mettre fin à sa participation au conflit armé interne dans ce pays andin, qui dure près de six décennies.

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Le cessez-le-feu avec l’État-major central (EMC) entrera en vigueur ce mardi 17 octobre et se prolongera jusqu’au 15 janvier de l’année prochaine, selon le décret gouvernemental. Les pourparlers ont débuté à Tibú, une ville proche de la frontière avec le Venezuela, dans une zone qui a été le théâtre de fréquents affrontements entre l’armée colombienne et des groupes armés illégaux.

Le haut commissaire gouvernemental pour la paix, Danilo Rueda, a souligné qu’ils disposeraient d’un temps limité pour gagner la confiance des Colombiens sceptiques qui remettent en question ce processus de consolidation de la paix. Bien qu’il n’ait pas été expliqué pourquoi le cessez-le-feu est plus court que ce qui avait été suggéré précédemment, on s’attend à ce que les autorités cherchent à le prolonger au-delà de la date limite actuelle.

Les pourparlers recherchent des solutions partielles et immédiates qui aident les communautés locales et ouvrent la voie à la paix. L’EMC, qui s’est séparée des FARC démobilisées en 2016, compte environ 3 530 membres, dont quelque 2 180 combattants, et opère dans des régions touchées par le trafic de drogue et l’exploitation minière illégale.

Le président Gustavo Petro recherche une « paix totale » avec divers groupes armés après des décennies de conflit interne. Outre les négociations avec l’EMC, l’exécutif est en pourparlers de paix avec d’autres groupes armés comme l’Armée de libération nationale (ELN).


La suspension des mandats d’arrêt a facilité le dialogue de paix

Le procureur général de Colombie a franchi une étape importante dans la quête de la paix dans le pays en suspendant les mandats d’arrêt contre plus de 20 membres de l’EMC début mars, leur permettant ainsi de participer à un processus de dialogue.

Ces membres de l’EMC avaient complètement rejeté les pourparlers qui avaient conduit à l’accord de paix des FARC en 2016. Dans le même temps, les fondateurs d’un deuxième groupe dissident, connu sous le nom de Segunda Marquetalia, avaient également rejeté l’accord trois ans après sa signature. Ils estiment que l’État n’a pas tenu ses promesses.

Un membre de l'armée colombienne patrouille dans les rues de la municipalité de Tibú, dans le département colombien du Norte de Santander, frontalier du Venezuela, le 16 octobre 2023. Le gouvernement colombien et le principal groupe dissident des FARC qui n'ont pas signé de paix accord en 2016, ils envisagent de mettre en place ce lundi une table de négociation à Tibú, l'une des municipalités les plus conflictuelles du pays, en vue de démobiliser quelque 3 500 rebelles et de mettre définitivement un terme à leur insurrection armée.
Un membre de l’armée colombienne patrouille dans les rues de la municipalité de Tibú, dans le département colombien du Norte de Santander, frontalier du Venezuela, le 16 octobre 2023. Le gouvernement colombien et le principal groupe dissident des FARC qui n’ont pas signé de paix accord en 2016, ils envisagent de mettre en place ce lundi une table de négociation à Tibú, l’une des municipalités les plus conflictuelles du pays, en vue de démobiliser quelque 3 500 rebelles et de mettre définitivement un terme à leur insurrection armée. © AFP – Schneyder Mendoza

Le gouvernement colombien, dans sa quête de paix, est en pourparlers de paix avec un autre groupe armé, l’Armée de libération nationale (ELN). Les deux parties ont convenu d’un cessez-le-feu bilatéral dans le cadre de leurs efforts visant à rechercher des solutions pacifiques.

La suspension des mandats d’arrêt contre les membres de l’EMC était une mesure visant à faciliter le processus de dialogue et à contribuer à la stabilité en Colombie. Même si les tensions et les défis persistent, cette étape représente un progrès sur la voie de la paix en Colombie. L’espoir est que ces conversations aboutiront à des solutions opportunes et viables pour l’ensemble de la société colombienne.

Victimes de violences armées en Colombie

Un groupe d’environ 1 400 indigènes résidant dans la réserve Awá El Sande, située en Colombie, a été contraint de quitter ses foyers en raison d’affrontements entre factions armées.

Ces affrontements sont le résultat d’affrontements entre le Front Franco Benavides, qui fait partie de l’EMC, et le Front Comuneros del Sur, une branche de l’ELN.

Les combats ont plongé la population dans une situation délicate, certains autochtones ayant été blessés suite aux violences. Les déplacés ont cherché refuge, mais dans d’autres endroits, plusieurs familles ont été contraintes de se confiner chez elles.

Les personnes déplacées ont appelé à l’aide humanitaire, réclamant de la nourriture et des produits d’hygiène. En outre, ils ont exhorté le Haut-Commissaire pour la paix, Danilo Rueda, et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à intervenir dans la région pour servir de médiateur entre les groupes armés et permettre le retour en toute sécurité des civils dans leurs foyers.

Même si les groupes dissidents des FARC et de l’ELN sont en pourparlers avec le gouvernement colombien et ont établi un cessez-le-feu avec les forces militaires, cette cessation ne s’applique malheureusement pas aux affrontements entre les groupes armés eux-mêmes, ce qui représente une menace constante pour la population civile coincé au milieu de ces conflits.

Avec Reuters, AP, EFE et les médias locaux